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Inflation et pouvoir d’achat : le ressenti des Français

28/06/2010



Beaucoup de Français estiment que leur pouvoir d’achat baisse. Vérité ou illusion ? Que nous disent l’Insee et la Dares sur le pouvoir d’achat et l’inflation ? D’où vient le décalage entre le ressenti des Français et les résultats des instituts de statistiques ?




Ce que disent les statistiques

En 2009, l’Insee constate que le pouvoir d’achat des ménages progresse de 1,6 %, malgré la récession, car l’inflation a été négative -0,6%. L’évolution du pouvoir d’achat se calcule en retranchant l’inflation du taux de progression du revenu disponible brut (RDB), soit :

variation du RDB (+1%) - inflation (-0,6%) = +1,6%

Pour rappel, RDB = revenus (d’activité et du patrimoine) + prestations sociales - prélèvements obligatoires (impôts directs et prélèvement sociaux)


La baisse des prix et la hausse du pouvoir d’achat en 2009 sont confirmés par d’autres instituts. La Dares fait état d’une progression de 0,3% du pouvoir d’achat, chez les salariés du secteur privé (mars 2009/mars 2010). Résultat à nuancer cependant par les chiffres du 1er trimestre 2010 : perte du pouvoir d’achat de -0,1% chez ces mêmes salariés.

Ce que ressentent les Français au quotidien

Pourtant, ce n’est pas ce que ressentent les Français. Dans sa dernière enquête de mai 2010 pour le Journal du dimanche, l’Ifop constate que 83 % des sondés estiment que les prix ont augmenté et 86 % qu’ils vont augmenter. De même, selon le dernier baromètre de l’Insee de mai, les ménages anticipent une forte hausse de l’inflation pour l’avenir (+5 points). Alors, pourquoi ce décalage ?

La faute de l’Insee ?

Pour calculer l’évolution des prix, l’Insee porte un regard différent de celui du consommateur. Un exemple emblématique : rembourser un emprunt immobilier n’est pas une dépense pour l’Insee mais un investissement. Pour le consommateur, c’est bien une somme réelle qu’il doit soustraire tous les mois de son revenu. Autre exemple : si le prix d’un produit reste stable, alors que ses performances se sont améliorées, l’Insee considère que le prix de ce produit a baissé. Le consommateur raisonne différemment car il n’intègre pas le bénéfice d’un meilleur rapport qualité/prix.

Ensuite, l’Insee calcule des moyennes. Or, le Français moyen n’existe pas, c’est une abstraction. Ainsi, en matière de fécondité, aucune Française n’a 2,2 enfants. Pour le pouvoir d’achat, c’est la même chose : vous vous retrouvez au chômage, veuf, divorcé ou séparé, et les moyennes des instituts de statistiques ne veulent plus rien dire pour vous !

La faute du consommateur ?

Pourquoi les consommateurs sont-ils convaincus que les prix augmentent plus que dans la réalité ? En raison de leur vision micro-économique des choses : ils ne voient que leur situation particulière, ici et maintenant, et manquent à la fois d’une vision d’ensemble et sur la durée. Les consommateurs sont aussi plus sensibles aux achats courants et répétitifs (dont les prix augmentent plus vite) qu’aux achats occasionnels (ordinateur, télévision…) dont les prix tendent à diminuer et font baisser l’indice moyen.


L’Insee est en train d’élaborer de nouveaux indicateurs pour en finir avec la « dictature de la moyenne » et présenter, notamment, un pouvoir d’achat par catégories de ménages.


Lien utile :

Dossier : Le pouvoir d’achat, sur Kezeco

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