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La révolution verte, moteur de croissance pour demain ?

12/02/2010

600 000, c’est le nombre d’emplois que la croissance verte permettrait de créer en France d’ici 2020.
Un chiffre qui fait consensus parmi les experts, comme l’indique l’étude de Boston Consulting Groupe (BCG) (1), réalisée en juin 2009 à la demande du ministère du développement durable.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : la « croissance verte » est déjà une réalité.
En 2008, d’après le Commissariat général au développement durable, la production des éco-activités, qui comprennent la production de l’ensemble des biens ou services concourant à la protection de l’environnement et à la gestion des ressources naturelles, s’élevait à 62,5 Mds€. Ces activités ont dégagé un excédent commercial de l’ordre de 2 Mds€, la valeur des exportations atteignant 6,9 Mds€.
Et parmi les activités qui sont en plus forte croissance, la gestion des ressources naturelles (gestion durable de l’eau, récupération, maîtrise de l’énergie et surtout énergies renouvelables) se placent au premier plan, avec les activités liées au traitement des eaux et aux déchets.

Côté emploi, même conclusion.
En 2008, les éco-activités ont mobilisé 405 000 emplois en équivalent temps plein, un chiffre en augmentation de 2,9% par rapport à 2007 et qui a suivi une progression continue de 3% entre 2004 et 2008.
L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) chiffre quant à elle à 260 000 le nombre d’emplois directs liés à ces activités et à 225 700 le nombre d’emplois indirects. L’Ademe estime aussi qu’en 2009 ce secteur pourrait atteindre environ 300 000 emplois, soit une augmentation de 90 000 empois par rapport à 2006.

Mais pour profiter pleinement de ce gisement d’activités et d’emplois, le chemin est encore long. C’est ce qu’a récemment souligné le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE), dans son rapport "Croissance verte et emploi", adopté le 25 janvier 2010, mettant en avant la complexité de mise en œuvre du potentiel d’emplois verts…
Première difficulté : la formation. A titre d’exemple, la filière du bâtiment estime qu’il va falloir former 360 000 personnes, dont 70 000 jeunes chaque année !
Autre problème : la croissance verte risque-t-elle de renforcer l’exclusion sociale ? En effet, beaucoup doutent de sa capacité à toucher tous les publics, dont les plus éloignés de l’emploi, et tous les niveaux de qualification.
Enfin, si certains secteurs vont voir leur croissance exploser grâce à la révolution verte, d’autres risquent à l’inverse d’en pâtir. "Le verdissement de l’économie impliquera aussi un redéploiement des emplois entre secteurs, au détriment notamment des secteurs producteurs ou fortement utilisateurs d’énergies fossiles", explique ainsi le COE dans son rapport. Le gouvernement, en lançant un plan de mobilisation pour les métiers de la croissance verte, qui s’appuie sur les réflexions de 11 filières visées par ces évolutions, tente d’en limiter les effets négatifs.

A la demande du ministère du Développement durable, Pôle emploi vient de recenser 14 000 emplois verts à pourvoir immédiatement

(1) Synthèse du Boston Consulting Group : « Réflexions sur le portefeuille de mesures Grenelle Environnement » - 16 juin 2009

PDF - 659.9 ko

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