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Le déficit budgétaire et la dette (La finance pour tous)
Rigueur versus croissance ?
22/06/2010
Ces dernières semaines, une vague de rigueur s’est abattue sur l’Europe. Fragilisés par le poids de la dette publique et des déficits, les pays européens ont annoncé des efforts massifs d’économies budgétaires.
L’objectif : Rassurer les marchés financiers sur leur capacité à rembourser les emprunts contractés afin de mettre un terme à la crise qui secoue l’euro.
Mais l’exercice est difficile, car l’excès de rigueur peut nuire à la croissance qui a déjà du mal à redémarrer en Europe.
Pourquoi la rigueur ?
- Dette publique et déficits bloquent la croissance. L’Etat mobilise une partie de l’épargne disponible au détriment de l’investissement privé. L’épargne se raréfiant, son prix (le taux d’intérêt) augmente. Emprunter coûte alors plus cher, ce qui freine l’activité économique.
- En temps de crise, l’Etat doit pouvoir soutenir à court terme la demande intérieure adressée aux entreprises. Des finances publiques détériorées ne lui donnent pas les moyens budgétaires de le faire. L’Etat doit profiter des périodes de forte croissance économique pour réduire l’endettement public.
Une menace pour la croissance ?
- L’économiste américain Joseph Stiglitz, parmi d’autres, a mis en garde contre une réduction trop rapide des déficits publics, qui pourrait ralentir ou réduire la reprise de la croissance en Europe. Pour étayer son argument, l’exemple de la Grande Dépression dans les années 1930.
- Fin mai 2010, l’agence de notation Fitch a dégradé la note de l’Espagne car elle jugeait que les mesures prises par le pays pour réduire son endettement allaient peser sur sa croissance à moyen terme et donc sur sa capacité future à rembourser sa dette.
- Pour d’autres, la baisse de l’euro arrive au bon moment. Elle pourrait compenser l’effet « récessif » des plans de rigueur en stimulant les exportations.
- Les pays ayant appliqué des plans de rigueur dans les années 1990 (Canada, Irlande, Danemark, Finlande…) ont vu repartir leur croissance grâce à des taux d’intérêt bas et une dépréciation du change.
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